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Conteneurs maritimes : protéger les travailleurs contre les risques chimiques

19 Juin 2015 | Conditions de travail - santé - sécurité | 0 commentaires

Une circulaire du ministère du Travail du 7 mai 2015(DGT/CT2/2015/160) rappelle que des mesures de préventions’imposent pour protéger les salariés en contact avec les agents chimiques émanant des conteneurs maritimes. Elle rassemble les informations qui concernent la protection et la prévention pour sensibiliser les inspecteurs du travail à ces risques. Ils concernent deux millions de salariés, présents dans les ports ou sur les sites logistiques.

Des substances chimiques parfois interdites en Europe

Certaines marchandises transportées par conteneurs peuvent d’elles-mêmes générer la production de substances chimiques ; certains conteneurs peuvent avoir subi une fumigation destinée à empêcher les insectes ou les rongeurs de détériorer les biens transportés pendant de longues semaines par mer. Parmi ces chargements à risque, les denrées alimentaires, le bois, le cuir, certaines matières plastiques et des appareils électroniques.

Dans les deux cas, les personnes chargées de manutentionner, de l’entreposer, d’ouvrir le conteneur et de le vider peuvent être mises en contact avec ces émanations qui présentent pour certaines la particularité de provenir de substances interdites en Europe. C’est notamment le cas du bromure de méthyle, souvent utilisé dans la fumigation, mais qui n’a pas droit de cité sur le Vieux Continent car il abime la couche d’ozone.

Des intoxications aigües voire mortelles

Quelles sont les conséquences de tels produits sur la santé humaine ? Des cas d’intoxication aigüe, voire mortelle, ont déjà été constatés « tout au long de la chaîne de transport et de vente des marchandises », comme le signale la circulaire. Ces cas ont pu être déclarés à bord de navires vraquiers ou céréaliers, en zone portuaire, dans les entrepôts de stockage ou sur des plates-formes logistiques.

À plus long terme, ce sont aussi des cancers, des atteintes neurologiques qui peuvent faire suite à une exposition à ces risques. Le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Nantes a ainsi eu récemment à juger le cas d’un docker et a reconnu le caractère professionnel des affections dont il souffrait, les agents chimiques qu’il avait côtoyés durant sa carrière ayant « eu un rôle causal direct et essentiel dans la survenance de ses pathologies » (TASS, Nantes, 5 décembre 2014).

La circulaire rappelle donc les règles en vigueur selon le moment de l’acheminement des conteneurs. Les conteneurs qui ont été fumigés doivent être déclarés dans des manifestes de marchandises dangereuses en transit sous le code Un 3359 classe 9. Ils doivent porter une mention de mise en garde, avec la date de fumigation, la nature du produit utilisé, la date de ventilation.